LIEN DES HABITANTS PRÉSENTS ET ANCIENS DU MAS DE FONTCOUVERTE EN UZÈGE

16 septembre 2019

L'HERITIÈRE DE FONTCOUVERTE PENDANT LA GUERRE DE 1914-1918

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MARIE CAROLINE, FILLE D'ÉLISE ÉVESQUE ET DE PAUL BONIOL ÉTAIT FILLE UNIQUE ET ORPHELINE DE PÈRE À CINQ ANS. 

Une photo de l'époque de son enfance montre une petite fille sage et un peu triste.

Alésienne de naissance, elle fit des études brillantes au Lycée de filles d'Alès. Elle était très fière d'avoir obtenu au lycée la même médaille que son père qui trente ans plus tôt avait quitté Alès pour monter à Paris, entrer à l'École de Centrale, établie à l'hôtel Salé dans le Marais et en revenir avec le diplôme d'Ingénieur de Centrale.

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Les lauréats recevaient en fin de cycle une médaille du directeur de leur établissement représentant la couronne de lauriers qui leur revenait. La médaille que reçut Marie Caroline et celle obtenue par son père émanaient de la même "Société Scientifique et Littéraire d'Alais." 

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Sur la médaille de Marie Caroline, il est écrit "Marie BONIOL d'ALAIS" et sur la médaille de son père " A Mr Paul BONIOL, Élève du Collège Spécial".

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Marie-Caroline ( surnommée en famille MIMI) était une belle jeune femme. Beaucoup de ses descendants pourront reconnaître une ressemblance.

Cévenole, elle avait épousé un autre Paul à Baron dans sa 21e année le 20 avril 1911. Il venait, lui, de la Montagne du Tarn. Une photo montre le jeune couple le jour de la noce entourré de leurs familles et de leurs amis. La photo est prise devant le portail des charettes à foin et le Pavillon de Fontcouverte, qui à l'époque était une bergerie.

FC-mariage-boniol-carayon-3   On ne parlait pas alors de guerre, même si l'Alsace et la Lorraine n'étaient plus en France depuis la guerre de 1870. 

Fontcouverte-mamy-Boniol-Paul-carayon-2  Le parc de Fontcouverte était bien plus restreint qu'aujourd'hui; Marie et Paul s'y plaisaient déja beaucoup. Mais ils ne résidaient pas toute l'année au vieux mas qu'habitaient la mère et le grand père Evesque de Marie. 

Pour ses affaires Paul avait son entreprise de négoce à Carcassonne et c'est dans cette ville qu'ils s'installèrent. Ils habitaient la villa des Jasmins, rue Masséna. Il semblerait que cette villa n'existe plus aujourd'hui, mais pour le savoir il faudrait en connaître le numéro dans la rue. 

Leurs filles Yvette et Suzy naquirent à Carcassonne; Yvette le 13 février 1912 et Suzy le 6 avril 1915. Entre leurs deux naissances la guerre fut déclarée à l'Allemagne et Suzy est née alors que son père était mobilisé comme infirmier militaire aux Dardanelles que les Turcs, aliés des Allemands, défendaient. 

carcassonne-mamy-yvette-1 Mimi tient Yvette dans ses bras devant la villa de Carcassonne.

 FC-Suzy-1915   Entre filles à Fontcouverte

Suivent d'autres photos prises à la villa des Jasmins, rue Masséna, lors d'une permission de Paul.

rue-Massena-Carcas-poupée-Yvette-1916 Paul tient fièrement ses deux filles Yvette et Suzy sur ses genoux. Il est en uniforme d'infirmier avec des bandes molettières; seuls les officiers avaient droit aux bottes.

La villa était surélevée sur une cave, à guère plus d'un mètre du niveau du jardin et de la rue. Un balcon qui pouvait se trouver à trois mètres de la cloture sur la rue était fermé par une grille très ouvragée et reconnaissable. Quelques mois plus tard Paul organise des vacances pour sa petite famille à Saint-Raphael, villa Dolly. Charles le frère de Paul était pasteur à Nice et sur la route, la famille était tombée sous le charme de la côte des Maures et de l'Estérel. 

Carayon-Yvette-Suzy-Villa-Dolly-St-Raphael-1917 On reconnait MIMI tenant SUZY droite, YVETTE avec de belles anglaises et PAUL avec son journal. La personne avec le chemisier rayé est peutêtre LUCIE, la femme de CHARLES. 

Sr-Raphael-villa-Dolly-Paul-Juliette-Carayon-Yvette-Suzy A la villa Dolly de Saint-Rapael, MIMI reçoit aussi ses beaux parents, Juliette RAISSIGUIER et Paul CARAYON.

La guerre n'est pas terminée, mais l'armée allemande vient de subir plusieurs revers qui laissent augurer d'un prochain armistice. A Carcassonne de nouvelles photos nous donnent plus d'indications sur la Villa des Jasmins. 

Villa-Jasmins-entrée-balcon L'entrée de la villa avec sa rampe et sa porte en chêne. Le balcon avec Charles CARAYON en aûmonier militaire, sa femme Lucie et Suzy montée sur une chaise d'enfant; alors que Mimi et et Yvette sont dans le jardin fleuri. 

Jasmins-Massena-Suzy-Yvette-1918 Une autre photo prise de l'intérieur de la villa permet de voir que la rue Masséna est toute proche et qu'une simple grille la sépare du jardin.  

Jasmins-Grands-parents-carayon Les beaux-parents de MIMI qui étaient passés à Saint-Raphael sont venus cette fois à Carcassonne. On reconnaît le balcon qui surplombait le jardin.

Nous ne connaissions pas le numéro de la rue Masséna. A l'époque il était plus poétique d'écrire "Villa des Jasmins" qu'un numéro de rue. Suzy avait revu la villa de son enfance avec son mari, quelques décénies plus tard; mais n'avait pas noté ce sacré numéro. Grâce à MAPPY que nous remercions nous avons pu trouver que la villa existe toujours au numéro 18.

Jasmins-18-rue-Massena-Carcas-2019  Philippe propose un cadrage plus rapproché avec des teintes un peu différentes.

Philippe-2019

PAUL aimait peindre des tablotins. La Cité de Carcassonne fut un de ses sujets préféré.

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Renée naquit aussi pendant la guerre, le 23 mai 1917, mais à la différence de ses soeurs aînées, elle a vu le jour à Fontcouverte.

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La guerre finie, PAUL a abandonné son uniforme d'infirmier. La famille s'est agrandie et n'habite plus Carcassonne. Paul a transféré son négoce à Nîmes pour être plus près de Fontcouverte. La photo a été prise en hiver, Mimi, Yvette et Suzy sont habillées chaudement. Elise, la maman de Mimi tient Renée dans ses bras qu'elle va garder pendant que ses soeurs aînées vont sortir.

 


02 septembre 2019

PAUL CARAYON, NÉGOCIANT EN VINS

PAUL CARAYON ETAIT ORIGINAIRE DE VABRES DANS LA MONTAGNE DU TARN; EN 1899 ON LE TROUVE DANS L'AUDE. Il commercialise des vins de LIMOUX et du MINERVOIS, pays cathares.  Il fait de la publicité dans les journaux de Province .

carayon-paul-1899  Il s'intéresse aux vins de Limoux où subsiste le souvenir d'une abbaye de Saint-Augustin. Il baptise son vin : Clos de Saint-Augustin et son Minervois: Clos Charlemagne. 

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À CARCASSONNE, IL A POUR ADRESSE PROFESSIONNELLE 11 BOULEVARD DU CANAL ET IL EST VOYAGEUR DE COMMERCE. 

Carayon-carcassonne-1903 C'est ce qu'indique la Revue du Touring Club de France dont il fait partie. Il développe son activité et constitue son réseau de vente en recrutant. 

carayon-carcassonne-1904 Il passe des annonces dans la presse pour démultiplier son impact commercial.

Carayon-goulard-carcas

Il prend aussi des partenariats, notamment avec Marcel GOULARD, un transitaire de Bordeaux.

Le 19 avril 1911, il se marie à Baron, avec Marie-Caroline BONIOL, héritière des EVESQUE de Fontcouverte, mais installe sa famille rue Massena à Carcassonne, Villa des Jasmins. C'est là que naîtront Yvette et Suzy en 1912 et 1915, Paul et Mireille en 1919 et 1922. (Renée est née à Baron en 1917 et Geneviève à Nîmes en 1925). Lors de la première guerre mondiale il laissera sa petite famille pour servir aux Dardanelles en 1915-1916 dans les services de l'infirmerie militaire. Il y fera la connaissance du Général d'Amade, propriétaire d'un cru du Bordelais, le Chateau Pontus; il se lieront d'amitié malgré la différence de grade.

Paul a eu deux frères, Jules et Charles; il est le plus jeune. Charles est devenu pasteur. Paul avait assisté à son mariage à Marseille avec Lucie Bruguière en février 1907. Il est l'un de ses témoins. 

mariage-carayon-bruguiere-1907

Après la guerre Paul Carayon va transformer Fontcouverte et transférer sa maison de vins de Carcassonne à Nîmes. Fontcouverte prend un coup de jeune. Paul devient maire de Baron et anime la vie culturelle de la région d'Aigaliers, Foissac, Baron en créant des fêtes dans lesquelles s'investit la jeunesse locale. Il fait la publicité de ses vins dans l'Album des vins de France, édité en 1939 en sélectionnant cinq photos de Fontcouverte et 3 photos des vignes.

Album_des_vins_de_France_[

Album_des_vins_de_France_[ 

Suzy-Labo-Monjardin-Nimes

Sur la photo de droite apparaîtle village de Bézuc (ou Bezut) tel qu'il était en 1939. Paul Carayon met en valeur les vignes et vins de Fontcouverte, mais son rayon d'action est beaucoup plus large. Il a ses bureaux et son laboratoire oenologique à Nîmes, rue Monjardin. Sa fille Suzy s'est formée à l'oenologie, elle réalise les analyses des vins qu'il achète aux vignerons et prépare les assemblages. Il choisit aussi de mettre en valeur les vins méconnus des Cévennes. 

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Album_des_vins_de_France_[ Puis revient la guerre... La seconde guerre mondiale rend ses affaires plus difficiles. 

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Une accusation infondée et anonyme de prétendues transactions illégales le conduit en prison. Il sera en conséquence destitué de ses fonctions de maire de Baron par décision parue au Journal Officiel du 22 mai 1943. Il restera détenu  par le régime de Vichy et l'occupant nazi pendant huit mois, d'abord à la prison de Nîmes, puis transféré en attente de jugement, dans la glaciale citadelle de Sisteron. C'est grâce à l'intervention courageuse de l'un de ses gendres qu'il pourra être disculpé et libéré. Il a été très déçu d'apprendre qu'un de ses enfants s'était marié en septembre 1943 pendant sa détention. Il est revenu à Fontcouverte fatigué et malade à sa sortie de prison, mais heureux de retrouver ceux qu'il aimait.

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Ses dons artistique le conduisaient à organiser des représentations théatrales lors de kermesses, à chanter en famille en s'accompagnant à la guitare ou même à peindre. Il réalisait de petits tableaux peints à l'huile sur bois, au revers d'une boîte à cigares.

Son sens des affaires et un héritage l'avaient conduit à ajouter à l'immeuble de Nîmes et à la propriété de Fontcouverte: une grande maison et une métairie à Vabres, deux autres maisons à Nîmes: rue Briçonnet et rue de Bouillargues ainsi qu'une villa toute blanche, au milieu des Palmiers, à Agay, baie des corailleurs, au bord de la Méditerranée. 

Agay-Les-Palmiers- La villa "Les Palmiers" est à gauche, la maison du milieu située à l'entrée du parc est celle du gardien, un réfugié espagnol opposant au franquisme; en haut à droite la villa de Pointe longue.

Paul CARAYON est décédé à Fontcouverte le 31 mai 1951 

12 mai 2019

STATUE-MENHIR DE FONTCOUVERTE (BARON)

LA STÈLE DE FONTCOUVERTE DATE DU NÉOLITHIQUE 
La statue - menhir de Fontcouverte est un exemple des stèles datant du Néolithique final ( 3000 à 2000 ans avant notre ère). Elle appartient au groupe languedocien des Garrigues (Gard et Hérault). Ces statues représentent toutes des humains très stylisés sur des dalles travaillées. Elles ont une technique en commun, sorte de bas-relief peu accusé, à la gravure large, avec un choix d'une seule face pour le décor, le dos n'étant jamais orné. Seule la partie supérieure du corps est figurée, mais de façon très sommaire.

Steles-languedoc-oriental 2

Dans le groupe des statues anthropomorphes des Garrigues (Euzet, Collorgues, Bragassargues, Fontcouverte) la face est réduite à un relief caractéristique en forme de T (sourcils et nez). Les bras sont représentés ou non, de même que les côtés. Certaines statues sont féminisées par l'adjonction de seins. D'autres portent des sortes de crosses ou des objets qui  évoquent des contacts et influences. 

Plusieurs stèles languedociennes ont été découvertes sur des sites d'habitat. Quelques autres dans des sépultures collectives de types divers. Celle de Font couverte a été découverte en 1974 dans un champ à proximité d'une source.Stele-de-FC-sortie-de-terre-1974
Ces étranges divinités au regard fixe, dénuées d'expression, ont certes été faites par l'homme néolithique à son image, en ce sens que ce sont bien des dieux et des déesses anthropomorphes, mais ces dieux sont muets et sourds, dépourvus de bouche et d'oreilles, et il ne s'agit pas de divinités familières et bénignes. Par leur schématisme, leur caractère stéréotypé, leur manque de réalisme anatomique, ils se distinguent fondamentalement de cette humanité qui les a créés et voulus à la fois proches et différents. C'est un dieu qui voit très bien ce qui se passe, mais qui n'a pas d'oreille pour entendre, ni de bouche pour parler. Il a cependant des bras et des mains pour agir.

La statue-Menhir de Fontcouverte fut exhumée lors de travaux agricoles en 1974. Elle prit place au début près de la Magnanerie. La pierre est calcaire, ses dimensions : hauteur 126cm, largeur 60cm et épaisseur 30cm.

Le support est une grande dalle quadrangulaire à base et à sommet arrondi dont la face et les flancs sont soigneusement régularisés. 

Statue-Menhir-de-Fontcouverte-sous Bezuc

Cette statue etait dans un état remarquable lors de sa mise à jour. On reconnait facilement les quatre motifs : Au sommet, le visage en "T" est muni des yeux. Les avant-bras tendus se terminent par des doigts. Ces mains rudimentaires soutiennent un objet de type languedocien. Sur la poitrine se voit un élément double constitué de deux rectangle accolés. Les flancs sont lisses.

Curieusement les doigts de la main sont représentés : quatre doigts à Fontcouverte et six doigts au Colombier (Euzet).

La statue fut par la suite transportée pour être dupliquée. De profil et sous une lumière rasante il est plus facile de distinguer les quatre motifs. Sa copie en résine se trouve au Museum d'histoire naturelle de Nîmes en compagnie d'autres stèles gardoises. Plus tard la statue-menhir fut rapportée à Fontcouverte et dressée dans la cour de la Bégude et de la Forge. Le transport laissa quelques traces, mais globalement ses caractéristiques d'origine ont été conservées.

Menhir-FC

 

 

 

02 mai 2019

CAVEAU DE FAMILLE PROTESTANT DANS LA PROPRIÉTÉ DE FONTCOUVERTE

 

croix-rHuguenoteTombeau ÉVESQUE de FONT-COUVERTE 

Une trentaine de descendants des Evesque et de leurs conjoints ont leur sépulture dans le caveau familial. Nous indiquons ici leurs noms, et pour la plupart, leurs dates de naissance et de décès. Sur une pierre gravée à l'entrée du tombeau se trouve reproduit un verset de l'épître aux Hébreux:

C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Hebreux XI,13

caveau-FC

Etienne I EVESQUE , Consul de Baron, 3 novembre 1709 - 10 septembre 1782

Jeanne REBOUL, épouse d’Etienne I , 171n - 1783

François EVESQUE, Maire de Baron, 8 avril 1736 - 28 aout 1815

Anne FAGE, 1743 - 17 avril 1809 épouse de François Evesque

Etienne II EVESQUE, Maire de Baron, 17 aout 1768 - 6 octobre 1832

Anne BRUN épouse d’Etienne II, 1775-15 aout 1833

François EVESQUE, 1799-1799 (fils d’Etienne II)

Henriette EVESQUE, 1806-1806 (fille d’Etienne II) 

 

Louis-Etienne EVESQUE, Maire de Baron, 17 fevrier 1803 - 11 octobre 1880

Elisabeth OLIVIER épouse de Louis-Etienne EVESQUE, 21 juin 1802 - 21 juin1880

Célina EVESQUE, 1837-1837 (fille de Louis-Etienne)

Achille EVESQUE, 1834-1851 (fils de Louis-Etienne)

Zulmaï EVESQUE, 1847-1851 (fils de Louis-Etienne)

Gaston-Evesque

Gaston EVESQUE, Adjt Maire de Baron, 29 juillet 1838 - 26 juin 1924

Marie FELINE, épouse de Gaston Evesque 27 janvier 1839 – 2 avril 1879

Julie EVESQUE, 1865-1867 (fille de Gaston Evesque)

Louis-Etienne EVESQUE, 1872-1874 (fils de Gaston Evesque)

 

Elise EVESQUE épouse Boniol, 26 avril 1864 - 14 avril 1956

Paul BONIOL, ingenieur A&M, 27 octobre 1860 – 10 Janvier 1896 

Elise Évesque et plusieurs de ses descendants à Nîmes, decembre 1943.

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De gauche à droite, debouts: Jacqueline Pic, Paul Carayon fils, Charles Bernard Griffiths, Paul Carayon père, Jean de Mondenard, Geneviève; assises: Renée, Yvette, Marie Boniol, Elise Évesque, Suzy, Mireille; devant: Eveline, Jacqueline, Michel.

Marie-Caroline BONIOL épouse Carayon, 27 juillet 1890 – 17 juin 1983

Paul CARAYON, maire de Baron, 23 aout 1883 – 31 mai1951

Simone, Jacqueline CARAYON, 23 - 26 mai 1917 ( jumelle de Renée Carayon)

Charles CARAYON, pasteur 1880-1925 (frère aîné de Paul)

Geneviève CARAYON, 7 février 1925- 20 novembre 1945 (5fille de Marie Boniol)

Jean de MONDENARD, pasteur, 12 mars 1910 - 1 septembre 1986 ( mari de Suzy Carayon)

Renée CARAYON épouse GAILLAUD, 23 mai 1917 - 1995 (3fille de Marie Boniol)

Paul CARAYON, marié PIC, puis ROUSSEL, 17 mai 1919 - 2004 (fils de Marie Boniol)

Suzy CARAYON épouse de MONDENARD, 6 avril 1915 - 11 septembre 2007 (2fille de Marie Boniol)

Mireille CARAYON, 17 janvier 1922-2010 (4e fille de Marie Boniol) 

Les amis DAVIES ont aussi leurs places dans le caveau

John-Gordon DAVIES, pasteur, 1919-1990 

Mary ..  DAVIES. 

Gordon-and-Mary De gauche à droite: Marie Boniol, Gordon, Mary

Note : La tombe d'Yvette CARAYON (1e fille de Marie Boniol) mariée avec Charles BERNARD GRIFFITHS se trouve au cimetière communal de Baron.

La tombe d'Alix GAILLAUD épouse PÉGAS, (fille de Renée Carayon) 8 mai 1948 - 23 février 1990, se trouve au cimetière communal de Baron.

On trouvera des renseignements complémentaires sur la plupart des personnes mentionnées, ainsi que sur d'autres membres de la famille dans le livre de "CARO": ÉVESQUE de FONTCOUVERTE Ed Hélioplan, Nîmes 1984

Article N°20 : SEPULTURES : L’ancienne sépulture du Mas de Font-Couverte est perpétuelle, inaliénable et non cessible. Elle est formée par un tombeau et un espace de recueillement sous un grand cèdre et accessible par un chemin sous une tonnelle. Elle est entretenue aux frais des Copropriétaires. Les héritiers des défunts bénéficient d’une servitude de passage pour accéder aux sépultures et pour s’y recueillir quand ils le souhaitent.

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11 avril 2019

IL Y A 80 ANS LA PISCINE DEVENUE BASSIN D'IRRIGATION - 11 AVRIL 1939

LE MARIAGE DE SUZY ET DE JEAN NOUS PERMET D'AVOIR DES PHOTOS D'IL Y A 80 ANS

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Plusieurs photos du mariage furent prises au bord de la piscine. Le côté des cyprès et de la murette a peu changé. On remarque qu'aucune barrière ne fait obstacle aux jeunes enfants, mais que la dalle n'a pas de fissure. Le platane est à la même place. La Salmson familiale est devant le garage. On aperçoit un grand peuplier du chemin des chênes qui dépasse de la toiture du garage. Depuis longtemps, la foudre a fait disparaitre le peuplier.

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Jacqueline, en tenue de demoiselle d'honneur indique la direction des marches surlesquelles sont assis des adultes. On remarquera que le parc n'a pas encore ses grands conifères; on peut même voir la surface du tennis sur la droite car la végétation est encore peu développée.

 

 

 

 

 

 

 

 

mariage-suzy-jean-avril-39-PA La cheftaine entourée de ses Petites Ailes. On voit le côté le plus profond du bassin, avec le coin des poiriers, dont il reste plusieurs exemplaires. 

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Le lendemain c'était le moment de plonger dans la piscine, bien qu'au mois d'avril la température soit un peu basse. On voit que derrière les poiriers et la murette il n'y a pas encore les cyprès du verger, ce qui permet de voir la montagne de Dève. A l'angle gauche se trouve une urne d'Uzès où poussent des fleurs en pot. L'urne a changé de place depuis.

On distingue trois taches plus claires alignées horizontalement qui se détachent sur la montagne plus foncée. De quoi s'agit-il ?

La photo suivante  nous donne l'explication: des photophores montés sur des structures légères associées entre elles pour permettre aux rosiers grimpants de former un décor.

mariage-suzy-jean-freres-soeurs-avril-39 Les soeurs, frères, belles soeurs  et beaux frères des mariés: de gauche à droite Yvette, Charles, Gina, Paul, Mireille et assis Renée et Robert. 

mariage-suzy-ancien-porche-avril-39 L'un des repas fut servi dans ce qu'on appelait "le porche" parce qu'autrefois les charettes de foin passaient par là. Le vitrage a disparu et la pièce se trouve partiellement murée aujourd'hui. Derrière Suzy et le vitrage on distingue la voute de ce qui fut la cave à charbon sous l'Espélidou et devant laquelle étaient placés des bacs où poussaient des arbustes décoratifs. 

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Un autre repas s'est tenu dans la grande salle à manger du Pavillon qui reste assez semblable à ce qu'elle était à cette époque. On distingue quelques invités: à gauche John Gordon Davies qui n'aurait certainement pas voté pour le "Brexit" et à droite la cousine Dellys d'Orange, descendante des Evesque par sa mère.

 

Marquer cet anniversaire est une manière de compléter le texte de Suzy sur "L'âme de Fontcouverte". http://vivefontcouverte.canalblog.com/archives/2018/05/18/36415207.html 

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19 octobre 2018

COUPER, TAILLER, DÉBROUSSAILLER, AMÉNAGER ET PLANTER

LES LÉGISLATIONS SUR LES ARBRES

Trois types de législation concernent les arbres qui poussent dans l'enceinte de la copropriété.

- 1 La législation de protection contre les incendies - OLD - (Oblig. Lég. de Débrouss.)

- 2 La législation concernant les assurances

- 3 La législation concernant les arbres en limite de propriété

La législation de protection contre les incendies nous oblige à abattre les deux grands conifères de la cour ouest : Au printemps 2018 la mairie de Baron a fait déposer dans toutes les boites aux lettres des baronnais une notice sur l'obligation de débroussaillement dans un rayon de 50 m autour des habitations.  5m de large et 5m de hauteur pour les voies d'accès privées et 10m de part et d'autre de la couche revêtue pour les voies publiques.

zone-de-débroussaillage   Tracé de la Zone des 50m et des 100m   à partir des bâtiments d'habitation.

Les résidents à l'année ont probablement vu cette réglementation, l'ont-ils lue? Je l'ai obtenue par hasard, parce que je m'inquiétais de la sécurité incendie de la copropriété, simple réflexe d'un ex-conseiller syndical se renseignant à la mairie.

Département du Gard-arrêté du 8 janvier 2013 - obligation des maires du Gard d'en faire la diffusion au printemps 2018

Sanctions: 30 euros par m2 non débroussaillé; non prise en charge partielle des dégâts par les assurances.

débroussaillement-schéma

1 - Supprimer tous les arbres et les branches à moins de 3 mètres de l’aplomb des murs de façade des maisons,
2 - Élaguer les arbres. Supprimer toutes les branches basses situées à moins de 3 mètres du sol
3 - Laisser au moins 3 mètres entre chaque houppier des arbres dans la zone des 50 mètres,
4 - Supprimer tous les arbustes sous les arbres à conserver

P1120209

La priorité est donc d'abattre ou d'élaguer tous les arbres dont le houppier est à moins de 3m des bâtiments de la copropriété. Et en particulier les deux grands conifères qui se trouvent proches des extrémités de la plate-bande (ou banquette) anciennement "du muguet" et qu'il faudrait réaménager pour que la tondeuse autoportée puisse passer sans accrocher les pierrailles.

L'un des conifères se penche sur la toiture du lot n°7 et la couvre de ses branches et l'autre tutoie les cheneaux du lot n°10 tout en plantant ses racines dans le réseau d'égouts qui se bouche occasionnellement.

 Ci-contre le conifère qui surplombe le lot 7 et dont la base a été fragilisée par des excavations creusées par un essaim.

P1120210

La législation des assurances rend responsable la copropriété de la chute éventuelle des deux conifères sur les toitures ou de la propagation du feu aux bâtiments à cause de ces arbres, car ces deux conifères lui appartiennent et elle doit veiller à l'entretien du site: soit les élaguer si cela suffit pour avoir le houppier à plus de 3 metres, soit les abattre si ce n'est pas possible.

Ci-contre à droite le conifère qui tutoie les gouttières du lot n°10.

En matière d'assurance c'est le responsable qui doit payer (sauf clauses spéciales quand il n'y a pas de responsable: tornade, grêle,...). Donc si un sinistre arrivait aux toitures ou aux bâtiments l'assurance de la copropriété ne verserait aucune indemnité du fait de ces conifères trop proches. C'est en tout cas ce que l'assureur de la copro m'a confirmé. D'autres peuvent vérifier auprès de leur assureur.

Comme il s'agit d'une copropriété, tous les lots sont responsables et devront mettre la main à la poche (au prorata de ses millièmes) pour les réparations des lots touchés, même si le leur ne l'est pas.

P1120043

La législation concernant les arbres trentenaires en limite de propriété. Il y a prescription pour les arbres trentenaires. Mais si la propriété voisine le demande, il faut couper les branches qui dépassent de son côté. Le pin proche de la route est plus que trentenaire car planté vers 1930. Nous n'avons pas encore reçu de demande d'élagage. C'est donc moins urgent que les conifères de la cour ouest. En plus les assurances couvrent ce genre de risque peu probable vis à vis des tiers.

PLANTER: De préférence pas des conifères ou des peupliers, qui ne peuvent être utilisés comme bois de chauffage et deviennent très coûteux à entretenir, puis à abattre. Préférer les feuillus dont le bois peut être  utilisé: hêtre, charme, ou des fruitiers faisant de l'ombre.

Respecter les 3 mètres de distance par rapport aux limites pour les nouvelles plantations.

Transplanter les jeunes pousses d'arbres qui ont grandi spontanément dans une pépinière afin de pouvoir remplacer les arbres morts.

AMÉNAGER ET PLANTER DANS LA COUR OUEST: Tenir compte que les deux grands conifères doivent disparaitre rapidement et que cela devrait permettre de mettre en valeur la perspective du jet d'eau et de la piscine. Les haies de troênes du portail au garage n°14 sont à cette hauteur par négligeance. On les a connues faisant moins d'un mètre de haut car taillées plus régulièrement et mieux soignées. Les raisons qui ont fait concevoir ces deux haies de troënes vers 1930 ne sont plus d'actualité. Il y a au moins une haie de trop.  Autrefois, entre les deux haies de troënes des automobiles passaient, même à gazogène. Ces rangs de troënes servaient à permettre seulement deux passages piétons pour la traverser, surtout pour canaliser les jeunes enfants, pris par la passion de leurs jeux, qui auraient pu se précipiter sous une roue. Aujourd'hui la plupart des voitures restent de l'autre côté du portail en fer. Plus besoin d'autant de troënes qui cachent la perspective. Pourquoi pas un deuxieme magnolia ? Pourquoi pas plus de fleurs en changeant les perspectives: Est-ouest plutôt que Sud-nord ?

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03 juin 2018

FAIRE PART : ESTELLE ET JULIEN SE MARIENT

En octobre Lionel Mazoyer annonçait aux copropriétaires:

"Bonjour à toutes et à tous, Estelle Pegas va se marier avec Julien le 16 juin 2018 et organisera sa fête à Font Couverte. Voilà l'heureuse nouvelle !"
 Mais tous les fidèles du Vieux Mas ne sont pas copropriétaires. ViveFontcouverte leur transmet l'informationFille d'Alix et de Jacques, petite fille de Renée et de Ferdy, Estelle se marie donc avec Julien Sanchez. 

C'est un événement joyeux pour le vieux Mas de Fontcouverte et tous s'en réjouissent.

Estelle et Julien 

L'APPARTEMENT DE RENÉE À FONTCOUVERTE , PUIS DES PEGAS, PHOTOGRAPHIÉ TEL QU'IL ÉTAIT EXTÉRIEUREMENT AVANT LE PARTAGE DE 70.

Font-couverte-vers 1966 Photo Yvan Tavernèse.

LE LOT DE RENÉE SE TROUVE AVANT LA DESCENTE D'EAUX PLUVIALES ET COMPREND AUSSI AU REZ DE CHAUSSÉE, LA PETITE PORTE À GAUCHE DE CETTE DESCENTE PLUVIALE

Font-couverte-vers 1970-75 Photo Yvan Tavernèse

QUELQUES PHOTOS DES RACINES D'ESTELLE À FONTCOUVERTE

pierre-renée-alix-fontcouverte

Renée (alias Caro), auteure du livre les "Evesque de Fontcouverte" avec son fils Pierre (olim Pilou) et sa fille Alix. Pause au cours d'une marche dans la garrigue. Quelques années plus tard les mêmes à Nîmes.   xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxnimes-alix-caro-pilou   Spectacle dans la cour de La Bégude (la ferme)

Font-couverte-vers 1978          De gauche à droite les acteurs : Cédric, Jean-Charles, Béatrice, Carole, Karine, Sylvie, Anne.

Font-couverte-vers 1970-75           De gauche à droite les spectateurs devant la maison d'Estelle: Catherine, siège de Michel, Alix et Laurent, Jacques, Jacqueline, Renée, Mamy, Jean, Suzy.

D'autres photos avec Estelle à Fontcouverte peuvent être ajoutées sur cette page, elles sont les bienvenues. 

Une anecdote: La famille Pegas (Alix, Jacques, Laurent et Estelle) en vacances dans les Alpes s'était arrêtée à Risoul. Catherine et Michel leur avaient proposé de faire une halte et de coucher dans de vrais lits. Puis de ramasser des framboises sauvages pour faire des confitures à emporter; mais une fois la cuisson des fruits et de sucre devenue optimale et la confiture étant 'prise" dans quoi la verser? Estelle avait raconté cette histoire parce que l'institutrice de sa classe de CM1 ou CM2 avait demandé de raconter par écrit son meilleur souvenir de vacances. Comme Catherine n'avait pas assez de pots vides pour verser la confiture, il fut décidé de fouiller les poubelles de la station de Risousl sans trop se faire remarquer afin de trouver des pots laissés par les vacanciers. Cette histoire eut un certains succès dans la classe d'Estelle et ce fut son récit qui fut plébiscité, comme meilleur souvenir de vacances de sa classe.

Alix aimait raconter cette histoire, elle était très fière des débuts littéraires de sa fille.

Julien-Sanchez-Beechcraft

Julien Sanchez et Estelle se marient à Fontcouverte le 16 juin.

estelle-pegas-pyramide

Plusieurs "fonscubertins" se sont déplacés pour que le lieu de la fête soit fin prêt. Depuis le grand bassin des carpes vidé de ses feuilles et rempli d'eau claire, le petit bassin avec ses batraciens et ses poissons rouges, les pelouses, les plates bandes et leurs fleurs, l'aire et ses vieilles poutres regroupées près des figuiers de barbarie, etc... 

Pour Estelle: "Sachez que de me marier à Font couverte me tiens vraiment à cœur c’est comme si Alix ma maman était un peu avec moi.." NOAM

estelle-pegas-boucles

 

Noam aussi a participé à ces travaux avec beaucoup d'entrain... pour que la fête soit très belle (Photo Die Frau)

 

estelle-hotesse-et-julien-pilote

 

 

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26 mai 2018

TRISTE NOUVELLE : OLIVIER NOUS A QUITTÉ

Font-couverte est en deuil, La génération des cousins, petits enfants de Mamy et arrières petits enfants de Mémé est à nouveau touchée. Après Alix, Robert et Jacqueline, c'est Olivier qui nous quitte.

En attendant de trouver d'autres photos d'Olivier prises à Font-couverte, en voilà une du début des années 50 rassemblant plusieurs membres des familles des trois soeurs Mireille, Yvette et Suzy au bord du grand bassin.

mémé-elise-piscine-fontcouverte-mazy     Les parents et les soeurs d'Olivier sont  sur la photo: Mireille et Yves, Olivier, Elizabeth et Inès. Au premier rang devant de gauche à droite: Olivier, Edouard, François, Elizabeth, Philippe. Rang intermédiaire: Elise Evesque (Mémé), Jean, Yves, Inès, Mireille, Yvette, Suzy et Marie Boniol (Mamy). 3e rang : Eveline et Michel.

Olivier aimait le chant et les chevaux, il était chef de choeur et on trouvera un article d'Ouest France sur cette passion: https://www.ouest-france.fr

Olivier-Cojean-Chef-de-choeur   Olivier est décédé le 24 mai des suites d'une grave maladie qui a nécessité une opération, il n'a pas pu être réanimé. Il avait 72 ans.

Nous adressons toutes nos condoléances et notre vivie sympathie à Brigitte son épouse, Thibaut son fils, à ses soeurs Elizabeth et Inès, à son beaufrère Marc, ainsi qu'à ses nièces et neveu Gay, Iris et Romain.

Un culte d'actions de grâce aura lieu le vendredi 1er juin à 10h30 présidé par le pasteur Eric Perrier dans l'église Saint-Pierre & Saint-Paul de Missillac.

Il est possible de rappeler des souvenirs d'Olivier à sa memoire dans les commentaires

 

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20 mai 2018

L'ÂME DE FONT-COUVERTE

ÉLISE ÉVESQUE, ÉPOUSE BONIOL (1864 – 1956 ), L'ÂME DE FONT-COUVERTE par SUZY une de ses petites-filles.

SUZY dédie le récit de ses souvenirs : "À mes enfants et petits enfants, j’écris quelques uns de mes souvenirs de ma grand mère, Bonne maman Élise, que nous avons tous plus tard appelée “MÉMÉ”. Elle reste pour moi la personnalité marquante de Font-couverte…  Elle a laissé sur moi une empreinte indélébile et je tiens beaucoup à vous faire connaître cet être exceptionnel, car je voudrais que la trace de sa vie reste profonde chez mes enfants et mes petits enfants."

mazy-portrait-fontcouverte

Suzy, née en avril 1915, a connu son arrière grand père Gaston EVESQUE; elle avait huit ans quand il est décédé. Elle a surtout connu sa grand mère Élise ÉVESQUE qui avait traversé de mauvais moments très tôt dans sa vie. À la mort prématurée de sa mère, (ayant juste quinze ans et étant l'aînée de ses deux soeurs Louise et Jeanne) Élise devint leur éducatrice. Plus tard les trois filles de Gaston se mariérent. Élise ne resta mariée que cinq ans, car elle perdit son mari Paul Boniol dans un accident de chantier.  De leur mariage naquit une seule fille Marie Boniol.

Élise éleva sa fille et sa nièce tout en restant aux côtés de son père. Il était propriétaire des terres des Evesque à Baron (Font-couverte) et à Saint-Maurice de Cazevieille, ainsi que d'une maison et d'une usine de dévidage de cocons de vers à soie aux Prés Rasclaux à Alès. 

Marie se maria à Fontcouverte en 1911 à Paul Carayon qui avait établi une maison de négoce de vins à Carcassonne. C'est  dans la préfecture de l'Aude connue pour sa célèbre cité médiévale que naquirent leurs filles aînées Yvette et Suzy. À cette époque Élise était veuve et assistait Gaston son père en suivant la gestion de ses biens et de ses affaires à Font-Couverte et ailleurs.

Tout changea après la mort de Gaston Évesque en 1923. Ses biens furent répartis lors du règlement de sa succession en 1924 entre ses trois filles: Élise eut Font-Couverte avec ses vignes ses bois et ses terres à céréales. Louise eut les terres de Saint-Maurice de Cazevieille situées notamment vers le Mas de Clary. Jeanne eut la maison et les biens d'Alès aux Prés Rasclaux.

Héritière de Font-Couverte, Élise fit immédiatement donation de toute sa part d'héritage à sa fille Marie et c'est Paul son gendre qui prit en charge la gestion à partir de 1924. Il transféra alors son négoce de vins de Carcassonne à Nîmes, rue Monjardin et rue de la Servie. Ainsi leur résidence principale était à Nîmes et Fontcouverte devint leur résidence secondaire pour les week-end et les vacances.

Ainsi Suzy a d'abord connu Fontcouverte du temps de son arrière grand père Gaston Évesque, assisté par Élise sa grand mère. Puis à partir de ses neufs ans elle a vu le vieux mas de Font-Couverte transformé par ses parents. Les transformations se produisirent surtout jusque vers 1930, puis à nouveau entre 1945 et 1947 avec l'arrivée d'une nouvelle génération née à partir de 1937. Le vieux mas entra ensuite dans une période stable, mais de plus en plus difficile financièrement de 1951 à 1969 quand l'activité des fermiers ne suffisait pas à faire vivre le mas, et malgré la vente d'immeubles à Vabre et à Agay, ainsi que la maison de vins de Nîmes.

Le partage de 1970, créant une copropriété pour six familles indépendantes, modifia à nouveau Fontcouverte qui perdit ses vignes et sa cave, ainsi qu'une grande partie de ses terres céréalières. Élise, décédée en 1956 n'a pas connu ce partage réalisé par sa fille Marie.

Les enfants et petits enfants de SUZY partagent volontiers la première partie du récit de ses souvenirs avec les habitants de Fontcouverte: "Mémé a connu deux périodes dans sa vie, associées à deux lieux: Alès et Font-couverte. Je ne connais que par ouï-dire les souvenirs qui se rapportent à sa vie à Alès, je vais surtout raconter ceux concernant Bonne Maman Élise à Font-couverte dans la mesure où ma mémoire me le permettra."  

Elise-evesque--font-couverte-mazy

D’abord je veux vous présenter MÉMÉ, une personne plutôt grande et mince à l’allure élancée. Elle a de beaux cheveux noirs, qui ne se sont argentés que les dernières années de sa vie. Elle les coiffe en un chignon fourni qu’elle façonne avec art et dextérité; ses yeux sont grands et vifs, enfoncés dans les orbites. Elle a le nez plutôt fort et un peu busqué, comme celui des Évesque. Son visage n’obéit pas aux canons de la beauté régulière, mais il attire chacun par sa bienveillance. Bonne maman Élise dégage en même temps beaucoup de distinction dans son allure et une simplicité confiante. Elle est toujours attentive à vous dire la parole que vous avez besoin d’entendre. Elle tutoie quiconque avec une grande facilité.  Elle a pris très tôt l’habitude de penser aux autres avant de penser à elle-même. Elle ne ménage pas son temps et son énergie. Elle répète souvent:”Il vaut mieux s’user que rouiller” et elle met cette maxime en pratique.

Bonne maman Élise a perdu sa mère, Marie-Joséphine Évesque née Féline à l’âge de 15 ans. Comme elle était l’aînée, elle élève ses deux soeurs plus jeunes: Louise et Jeanne. Mémé se révèle une véritable petite maman. Elle attend que ses deux soeurs soient mariées pour songer à son propre mariage. 

 Les trois soeurs Evesque avec deux amies d'Alais. Elise (Boniol) est assise à droite, debout derrière elle Jeanne (Nogarede) et debout à gauche Louise (Abauzit)Evesque-Elise-Louisz-Lucie-JPEG

 Elise épousera un ingénieur de Centrale originaire des Cévennes: Paul BONIOL.

Après cinq ans de bonheur, son mari lui est enlevé brutalement à la suite d’un accident qui s’est produit dans l’entreprise familiale de dévidage des cocons pour la fabrication de fils de vers à soie.

Elle élève courageusement sa fille Mimi BONIOL et quelques années plus tard aussi, sa nièce Lucie ABAUZIT  (DELLYS) dont elle s’occupera comme de sa fille à la mort de sa soeur Louise.

Élise avait une expression particulière pour parler de cette époque si douloureuse: J’en ai passé une mauvaise république !”

Au milieu de cette vie jalonnée très tôt de deuils, elle montre toutes ses capacités et qualités. Elle dirige le Mas de Fontcouverte en véritable maîtresse de maison. Elle s’occupe des affaires de son père, qui est plus un homme de relations que de gestion. Font-couverte, avant le partage de 1924 était alors un grand domaine où la polyculture régnait. Élise prend sur elle la responsabilité de la ferme et des fermiers, les soucis des récoltes: des céréales (orge, avoine, paumelle), de la vigne, des olives, sans oublier les périodes d’activités intenses: le battage sur l’aire, les vendanges, l'élevage des vers à soie et la présence d’un grand troupeau avec son berger et une ou deux chèvres. Élise est une femme de tête. Elle supervise tout.

En janvier, elle préside à la charcuterie. Aidée de deux ou trois femmes du pays elle effectue ce dur travail qui commence aux cris du cochon tué par le “saigneur” attitré. Le cochon était pendu par les pieds arrières au plafond de la cuisine de la ferme. Souvent on tuait deux cochons: un pour les fermiers et un autre pour la famille. Ils étaient élevés dans un local stué dans la cour de la ferme. Pendant les périodes de pénurie (la guerre de 1940 par exemple) on en tuait un seul pour tout le mas et on disait : “Cette année on a tué la moitié du cochon ! Les différents quartiers du porc étaient posés en énormes morceaux sur des tables dressées dans la cour de la ferme recouvertes de grands draps immaculés et sur d’autres tables ou traiteaux recouverts aussi de blanc se trouvaient d’immenses “grésales” en poterie jaune qui recevaient les viandes hachées plus ou moins finement selon leurs usages futurs. La lourde machine fixée solidement ne s’arrêtait pas de tourner et par l’entonnoir approprié sortaient des mètres et des mètres de saucisses, des boudins noirs aux herbes parfumées, des andouilles, enfin tout un assortiment de produits desquels on ne savait quell était le meilleur. Certains préféraient l’énorme saucisson appelé “bout du monde” et dont on ne fabriquait qu’un seul exemplaire par cochon; d’autres aimaient mieux les savoureux pâtés de foie à la cévenole. Tout celà constituait des provisions pour la plus grande partie de l’année. Plus tard Mamy qui avait si souvent assisté à cette opération la dirigera elle-même, en maîtresse de maison experte et elle joindra aux recettes du pays, celles recueillies à Vabre dans la famille de son mari.

SUZY-Carayon-font-cou-mazy

L’élevage des vers à soie constituait aussi une activité importante du vieux mas. Celà se passait dans l’aile nord-ouest de Fontcouverte, dans la grande pièce, devenue plus tard "salle des mariages" qui se situe au-dessus des belles voutes en pierres d’Uzès. A l’époque ces voutes servaient de remise à charrettes. Plus tard  Bon papa, le gendre d’Élise fit transformer l'une d'entre elles en buanderie. Pour monter à cette grande pièce à hautes cheminées,  il fallait gravir un escalier de pierre aux marches usées et sans balustrade, comme il en existe une maintenant. C’était un simple escalier de ferme par lequel on accédait sur la droite à la grange à foin. Au fond de cette grange, contre la paroi du mur et au sol, se trouvaient deux trappes ouvertes, qui servaient à faire tomber le foin dans la mangeoire de l’écurie au dessous. Les boeufs de labour et plus tard les chevaux, sans oublier “La Finette” la vache bretonne n’avaient qu’à prendre leur provende au travers des barreaux du ratelier. En passant par le Porche, à côté de l’entrée sur la route, les charettes apportaient le foin jusqu’à l'escalier de pierre de la magnanerie et les fermiers à grands coups de fourches l’emmagasinaient dans la grange.

Puisque je parle des vers à soie, je me souviens de la façon curieuse pratiquée par une femme de la ferme pour conserver la “graine” de vers à soie à la chaleur voulue pour obtenir l’éclosion des oeufs. J’ai ainsi vu Mariquettte la fille d’anciens fermiers de Fontcouverte, Gustave Rome, qui était une amie d’Élise et de toute la famille, sortir de son corsage une petite boite ronde, comme une boîte de “Vache-qui-rit”, où elle conservait la "graine" des vers à soie jusqu’à leur éclosion.  

J’ai un très vieux souvenir en mémoire, celui de la grande salle de la magnanerie remplie de longs traiteaux couverts de feuilles de muriers. Les petits vers dévoraient les feuilles en produisant un bruit qui ressemblait  à celui de la pluie sur le feuillage… Et les vers ne s’arrêtaient de brouter que pour muer le corps immobile et la tête en l’air après chaque mue. Ils grossissent et à la septième mue ils grimpaient sur des branches de bruyère placées sur les tables et accrochent leur fil d’une brindille à l’autre, pour s’enfermer dans de jolis cocons, couleur de lumière. Il fallait que la temperature soit toujours constante et des poelles avec de longs tuyaux maintenaient la chaleur nécessaire. Les enfants n’avaient pas l’autorisation d’entrer sauf quelques instants. Il ne fallait pas troubler ces gros vers blanc-grisâtre, un peu repoussants mais qui étaient capables de produire la soie la plus précieuse. J’ai toujours gardé la vision de ce spectacle, plein de mystère, qui fut plus tard dépassé par la  fabrication de soies industrielles.

Mes souvenirs sur les travaux des champs ne correspondent plus aux pratiques actuelles.  Dans mon enfance le labourage, en automne, se conduisait à la charrue tirée par des boeufs, attachés au joug. Tout l’attirail pour les travaux agricoles (jougs, licols, lanières, mords, oeillères,..) était suspendu le long du passage que nous appelons aujourd’hui “le tunnel”.  Pendant la saison des semailles, le fermier jetait le grain d’un large geste bien régulier.  Puis il passait la herse légère à grande dents arrondies que tirait un cheval. En effet le cheval plus rapide remplaçait les boeufs. Venait ensuite le temps des moissons , au début le fermier se servait de la faux et c’était un travail long et fatigant. Le dépiquage se faisait au rouleau, tiré par le cheval qui tournait en rond sur l’aire.  Je me souviens très bien du temps où nous pouvions admirer sur l’aire d’immenses meules de céréales et où la batteuse mécanique séparait tout les grains de la paille et de la balle en deux jours.  Cette énorme machine faisait un grand bruit de roulements. Ces hommes, de durs gaillards bronzés alimentaient la terrible dévoreuse à coups de fourches et en déliant les gerbes. Ils s’agitaient en haut des meules et en bas les grands sacs se remplissaient de grains. Enfin, après le passage des moissonneurs, les grands tas de paille restaient sur l’aire avant que le fermier ait le temps de les rentrer. Nous nous amusions à monter dedans et à nous y coucher. La paille nous piquait et entrait partout. Nous en avions jusque dans les cheveux et les sandales.

troupeau-brebis-fontcouverte-1916  Le troupeau en 1916

 La présence d’un troupeau était une attraction pour moi dans le vieux Fontcouverte. Vous ne savez peutêtre pas que dans le Pavillon en bord de route qui s’ouvre sur le parc, il y eut jadis une bergerie avec le troupeau de Fontcouverte. Après les transformations effectuées du temps de mon père, la bergerie fut transférée  dans la partie gauche du grand hangar de la ferme. J’aimais tous les soirs voir rentrer le troupeau . Avant le coucher du soleil , on entendait de loin le tintement des clochettes et les bêlements des bêtes. Puis on devinait son approche à la poussière dorée par le soleil qu’il soulevait sur son passage. En tête le berger avec sa canne, sa besace qui servait à mettre le casse-croute et le chien qui courait d’un côté et de l’autre de la route pour empêcher les moutons de s’attarder. 

Le bèlier marchait dignement en tête du troupeau. On le distinguait bien des autres bêtes, avec ses belles cornes, sa grande taille et sa cloche de guide du troupeau. Les brebis bèlaient davantage à l’approche du mas car elles savaient qu’elles allaient revoir leurs petits agneaux.Les retrouvailles se faisaient dans la cour de la ferme. C’était un bien joli spectacle de voir chaque agneau affamé se précipiter sur le pis de sa mère gonflé de lait. Il y avait très peu de méprises et si l’agneau se trompait, la fausse mère le rabrouait d’un coup de tête. Les bergers étaient des personnalités de caractère. Ils connaissaient chaque animal. Ils ont du temps pour réfléchir et cela leur donnait une façon de voir très profonde. Il y en avait qui étaient très adroits de leurs doigts. L’un d’entre eux avait sculpté pour nous de ravissants petits sabots miniatures. C’était touchant de voir revenir le berger avec un petit agneau dans les bras. Une fois l’un d’eux est rentré en disant il y a une brebis malade dans les bois et cette phrase m’a profondémment marquée. J’ai demandé souvent si elle était encore malade. La famille m’a beaucoup chinée sur cette question mais personne ne m’a jamais donné de réponse! Je me souviens du dernier petit berger qui nous regardait jouer au tennis, avec envie. Nous lui avons demandé s’il voulait jouer avec nous et il a répondu du tac au tac “Oh! Je saurais bien jouer mais vous vous ne sauriez pas garder mon troupeau!"

Sur un carnet de comptes, précisions sur l'importance du troupeau en 1924 :

Situation du troupeau au 10 juillet 1924: Au départ du berger Jean ESPERANDIEU à St-Etienne de l’Olm; le troupeau (partie restée à FontCouverte) était constitué de 106 bêtes: 1 bèlier noir petit, 2 bèliers grand- format (anglais et bastard) et 91 brebis. Le reste est vendu à Rath, boucher à Alés

le 14 aout: Retour de la montagne de 80 bêtes (à déduire 1 brebis décédée à la montagne) et vendu à Rath boucher à Alais : 2 brebis et 1 bèlier nain -  Situation du troupeau:178

le 19 aout: acheté à Adrien à Arpaillargues un bèlier anglais de 85kgs.

Le troupeau au 21 aout 1924 avec les agneaux est composé comme suit: Bèliers anglais: 2,  Bèlier à cornes: 1; jeune belier : 1; jeunes brebis: 21; Belles brebis : 50; Brebis moyennes : 105 ; Brebis vieilles: 3; Agneaux de lait: 16; Total 199.(même situation au 8 septembre 1924)

Le 16 septembre: Focré de Brouzet achète 9 brebis dont 8 avec leur agneau : reste 192

Perdu en octobre: 1 brebis crevée

Perdu fin novembre : 1 brebis dans le bois malade 

Récapitulation au 1er décembre 1924:

Restait au départ d’Espérandieu : 106; Retour montagne: 79, total 185

Acheté à Brouzet: 9; bèlier Adrien: 1 : à déduire :195

Vendues à Rath, boucher à Alais depuis juillet 24 (décédées 2) total 26, reste 169.

Petites femelles mises à la suite par PROSPER: 3… Total 172

Le bosquet de Font-Couverte a été dans notre enfance, notre domaine. La route était loin d’être aussi dangereuse qu’aujourd’hui. Beaucoup de charrettes circulaient mais on avait le temps de traverser. Nous aimions explorer le Bosquet , surtout le devant du bois. Nous y faisions chacun notre maison. Tita Lucette (Lucy Carayon) avait baptisé notre village “le village des sans soucis”. Une année nous avons voulu faire un établissement thermal pour imiter celui d’Euzet-les-Bains. Nous cachions une grosse bouteille, type magnum, pleine d’eau sous de la mousse. C’était une source intermittente. Il n’y avait plus qu’à ouvrir le bouchon pour qu’elle coule !

Dans le bois, nous découvrions un grand nombre d'objets intéressants. Nous partions à l’aventure sans craindre les égratignures et revenions les jambes zébrées par les piquants des petits chênes kermès. Je me rappelle  qu’un jour en passant sous des buis épais j’ai découvert deux ou trois nids de poules avec un oeuf dedans. Je les ai rapportés triomphante à la maison mais ils étaient trop vieux pour être comestibles.

À la saison des champignons, nous trouvions des "envinassés". Ils faisaient des taches recouvertes de terre et quelquefois des cèpes avec leurs beaux chapeaux bruns.

En furetant partout, il nous arrivait de découvrir des fossiles car il y en avait encore de fort beaux. C’était une joie de découvrir un de ces gros escargots de pierre si pesants. Je n’oublie pas que plus tard c’est dans ce bois, mais sur la crête, que j’ai eu la satisfaction de trouver mon fossile de patte de cerf ou d’un autre animal (une véritable prothèse !). Nous connaissions aussi dans le Bosquet des emplacements arrondis et déboisés où s’étaient élévées d’anciennes charbonnières et près desquelles se trouvaient les pierres éboulées des maisons abandonnées. La plus connue et fréquentée de tous les enfants de Font-Couverte était “la maison blanche” où des générations d’enfants ont joué. La dernière métamorphose de cette charbonnière, fut celle d’un temple aztèque.

Dans le vieux temps, ces charbonnières étaient en activité. Il y en avait deux ou trois qui fonctionnaient en même temps. Les colonnes de fumée s’élevaient droites et fines et révélaient leur présence. Nous aimions, nous les plus grandes, aller les voir de près. Les charbonniers nous faisaient un peu peur car parfois, ils parlaient mal le français car ils étaient pour la plus part italiens venus récemment en France. Et puis ils vivaient à la sauvage dans une masure qu’ils construisaient avec quelques rocailles et un toit en branchages. Il leur fallait d’abord couper les rondins de chênes verts, tous pareils, les disposer en pyramide régulière en laissant au milieu un conduit pour l’aération de la cheminée. Pour finir ils jetaient sur la charbonnière quelques pelletées de terre pour que le feu couve sans brûler complètement le bois. Les charbonniers avaient fort à faire. Leur travail était à la fois un travail de bucheron  et aussi un travail qui demandait une grande surveillance pour que le charbon de bois soit “à point”. Peu à peu le métier s’est perdu. Le progrés avec l’électricité, le gaz et le fuel l’a étouffé. Peutêtre les chênes verts en profiteront pour devenir plus grands et plus beaux ( à condition qu’on les débroussaille).

Mémé aimait beaucoup la marche. j‘ai gardé la souvenance d’une promenade en famille à la charbonnière de la Madeleine. En plus de Mémé et Grand père Évesque, il y avait Mamy qui conduisait la poussette de Renée; Yvette qui tirait un petit chien à roulettes et moi je tenais dans mes bras un canard en peluche orange appelé Tango, le jouet m’avait conquise à ce moment là et je ne m’en séparais pas. Nous arrivions à la charbonnière en prenant un sentier sur la droite alors pratiquable. C’était une petite esplanade qui servait de terrain de jeux pour les enfants, tandis que les adultes discutaient assis sur des petits pliants sans dossier. Tout le monde respire à pleins poumons le bon air parfumé de lavande et de thym.

Mémé pour dépanner Mamy, qui avait un cinquième enfant, Mireille, m’a gardée quelques temps à Font Couverte; c’était encore du temps de Grand Père Évesque.

Mémé m’accompagnait chaque après midi à l’école d’Euzet-les-Bains pour travailler avec l’institutrice, madame Laville, qui était une de ses amies. Nous y allions à pied. Je mettais des bottines à lacets et c’était un dur travail pour mes jeunes doigts de faire passer les lacets dans tous ces trous. Mémé me coiffait et me mettait ce que nous appellions du “Sent bon”, et qui était de l’eau de Cologne. Celle de Mémé était toujours à la lavande. Mémé était une bonne marcheuse et c’était un plaisir de suivre un chemin avec elle. Nous prenions d’abord la route qui était encore blanche et un peu poussiéreuse. Nous montions la côte de la Madeleine, puis, dans la descente, à partir du vieux cade sur la droite, nous empruntions pour raccourcir le trajet , un sentier qui contournait les champs et nous obligeait à marcher l’une derrière l’autre. Enfin nous arrivions sur le joli chemin des bois qui mène jusqu’au village. À l’école d’Euzet, sur la place, nous étions accueillies par madame Laville. Mémé sortait son ouvrage de son sac et tricotait pendant que je faisais du calcul ou de l’orthographe. Mémé causait ensuite avec madame Laville; pendant ce temps je jouais avec le petit chaton. Après la classe nous passions chaque fois voir une vieille cousine Délicie, l’aïeule des cousins Troupel. Elle était assise près de la porte de sa petite maison et nous faisait un bon sourire dessous sa coiffe fanchon à rubans. Et les conversations reprenaient. Moi, j’observais la vieille et grosse tortue dont la carapasse avait résisté à une roue de charette… Parfois cousine Lucie, la fille de Délicia, faisait un bout de chemin de retour avec nous. 
Mémé a toujours été très sociable, elle connaissait tout le monde dans le pays. Elle avait des cousins et des amis partout dans les environs.  Lydie Roux de Foissac venait voir Mémé, toujours avec son ombrelle. À Gattigues et à Aigaliers se trouvaient les cousins Girel et Cazalet. À la Bruyérette vivaient les Dusseaux, monsieur avec sa barbiche blanche et madame avec sa guimpe en tulle baleinée.

Mémé faisait des visites avec plaisir et les gens du pays se rappellent encore de madame Boniol. À ce propos avec Jean mon mari, nous sommes allés aux archives communales à Saint- Just vers 1982-83. Nous nous sommes adressés au maire, un vieux monsieur distingué, qui s’appelait monsieur Trinquier. Il nous a dit que petit garcon en revenant du marché d’Uzès, il passait avec son père devant Font Couverte et s’arrêtait pour saluer une vieille cousine Evesque… naturellement il s’agissait de Mémé.

D’habitude Bonne maman Élise fait ses visites à pied. Parfois quand l’endroit est éloigné, Mémé dit au fermier de nous y conduire. Celui-ci attelle Négro, le seul cheval de Font Couverte qui ne soit pas un cheval de labour; c’était plutôt un cheval de bataille, puisque parait-il, il était allé à la guerre de 14 ! C’est Négro  qui avec la voiture à quatre roues venait nous chercher à la gare de chemin de fer d’Euzet ou de Saint-Chaptes. 

Berliet-Carayon-font-cou-mazy La Berliet familiale

Quand nous arrivions de Carcassonne. Quelle joie d’être à Font Couverte en été; mais en hiver, il faut se chauffer devant la grande cheminée dans la salle à manger qui était alors au premier étage.

C’était une pièce grande et bien éclairée par sa haute fenêtre exposée au sud. Elle était agréable avec sa vue sur le Bosquet. Sur la droite en entrant se dressait un grand potager recouvert de céramiques à jolis dessins bleus. On pouvait y cuisiner sur des braséros à charbon de bois et notamment des potages. Après le potager sur la droite, partait un petit escalier de quelques marches grises qui conduisaient aux deux chambres du devant au-dessus du porche. La première n’avait pas de nom attitré car il fallait la traverser pour aller dans la chambre des parents qui était au fond. Dans la première les enfants ont couché jusqu’aux transformations. Pour en revenir à la sale à manger après le petit escalier, toute la partie de droite était occupée par une grande cheminée avec des niches, dans celle de gauche se trouvait le fauteuil de grand père. À gauche en regardant la fenêtre il y avait creusé dans le mur une grande place pour un évier en pierre et au-dessus une étagère qui servait de vaisselier. Sur l’autre côté de la pièce se dressait un grand et beau buffet à deux corps. De chaque côté de la fenêtre deux jolis petits fauteuils rustiques à dos cintrés et sur lesquels étaient maintenus par des cordelières des cousins en toile bise ornée de rouge. La table ronde était au milieu et pouvait s’agrandir avec des rallonges. Quand nous étions là, on faisait la cuisine en bas, dans la vieille salle voutée du dessous. Le sol de la salle à manger a conservé ces mêmes paves gris à dessins grenats. La maîtresse de maison tapait sur ces pavés avec son couteau pour faire monter le repas par la cuisinière et encore aujourd’hui on peut distinguer, certaines traces de coups de couteau. Je me rappelle des objets accrochés au mur, parmi eux un grand vide poche et une corne d’abondance qui, à toute une histoire que m’a raconté Mamy. J’étais intriguée par cet objet de style un peu rococo en "vieux pichon" marbré blanc et vert avec des roses blanches en relief. Cette corne d’abondance avait été offerte à Mémé, par sa soeur Jeanne et venait de la kermesse d’Euzet-les-Bains, qui avait lieu chaque année en septembre à l’établissement.

Sur le potager se trouvait un vieux Moulin à sel et la haute pendule de Font-couverte se dressait à droite du buffet. Dans le vieux Font-couverte il y avait une porte sur la gauche de ce meuble qui communiquait avec le vieux salon, mais on pouvait y accéder par le couloir. Plus tard la salle à manger fut transférée dans le Pavillon sur le Parc et l'ancienne salle à manger devint une grande chambre.

Le vieux salon était à la place de la chambre de Mamy, de mon temps il était tapissé d’un revêtement clair, avec une frise à grosses fleurs. Il avait un mobilier Louis-Philippe avec un canapé et deux fauteuils en bois noir recouverts de velours rouge. Il y avait aussi deux fauteuils “Voltaire” et des chaises légères noires avec du doré. En entrant sur la gauche, un piano était adossé au mur de la petite chambre dont la fenêtre donnait sur la cour de la ferme et qui a été transformée par la suite en cabinet de toilette de Mamy. Dans ce salon, je me souviens des soirées de musique. Bon papa et son frère Charles, jouaient de la flute, accompagnés au piano par notre tante Tita Lucette, ou bien ils chantaient des airs patriotiques, car c’était à la fin de la grande guerre, comme “Flotte petit drapeau” ou “Un matin de 14 juillet”.

Après la mort de Grandpère Évesque le piano droit a été remplacé par le clavecin et c’est sur cet instrument que j’ai fait mes premiers essais de pianiste ainsi qu’Yvette, guidées par Mamy. Par la suite le clavecin ou plutôt le piano plat a été transporté dans la salle à manger où il était plus accessible car au salon, nous n’y allions pas souvent.

La chambre de Mémé a changé aussi de place, elle a été dans la chambre du fond de la terrasse du premier à droite, l’ancienne chambre de Grandpère Évesque qui était une grande pièce sur laquelle donnait une pièce plus petite appelée “l’espélidou” qui était consacrée aux vers à soie pour les faire éclore. 

La grande terrasse du premier étage donnant sur le jardin et par laquelle on accédait aux chambres du Vieux Fontcouverte était l’un des lieux de rencontre de la famille.

La véritable chambre de Mémé, celle où elle a vécu le plus longtemps est la chambre sous l’escalier du grenier. Elle était autrefois un peu sombre et n’avait qu’une fenêtre sur la Terrasse, mais Bonpapa, par la suite l’avait fait éclairer à l’Est par une autre fenêtre en coin qui donnait sur la cour de la ferme.

Cette chambre était toute simple avec un lit de bois, une armoire à glace, une petite table à deux tiroirs, une jolie petite table de chevet et dans le fond, une belle petite table de toilette à dessus de marbre sur lequel  il y avait une cuvette et un pot à eau en jolie faïence à dessins floraux. Au début, il n’y avait pas d’eau courante à Font-couverte mais tout un équipement de brocs, de seaux et un tub pour se laver.

terrasse--fontcouverte-1956

La terrasse fait un angle droit. Dans le fond à gauche se trouvaient deux pièces: Dans la première salle aux pavés de briques roses délavées et au plafond gris à poutrelles, Mémé faisait sécher les “yans” de raisins. Elle formait des grappes de clairettes roses qui s’équilibraient entre elles et elle les accrochait au plafond. Ainsi suspendus, les raisins se conservaient jusqu’à Noël, ce qui permettait d’avoir des fruits en hiver. Un bon dessert au goût sucré et délicieux.

Comme la famille grandissait Bonpapa a fait transformer cette pièce en chambre. Elle est devenue par la suite la chambre bleue et enfin la salle de séjour de Mireille. La petite pièce à côté fut parfois une chambre pour le jardinier, parfois un bureau.

Sur cette terrasse autrefois, il y avait un vieux jeu de passe boule avec un crapaud en fer, qui ouvrait une grande bouche, et différents trous numerotés. Le jeu consistait à bien viser avec la boule pour gagner le plus de points possible et le gagnant était celui qui réussissait à faire passer la boule dans la gueule du crapaud. Sur la première partie de la Terrasse, contre le mur, il y avait le vieux canapé de Font-couverte. Il était alors tout simple, mais il était bien agréable pour s’asseoir et converser sans descendre au jardin; souvent en ajoutant quelques sièges supplémentaires cela faisait un véritable salon de plein air. Par la porte d’entrée du premier, on accédait par un escalier au grenier, avant qu’il soit transformé en chambres par Bonpapa. Je veux parler du premier de gauche, car c’était celui que nous fréquentions le plus. Devant la fenêtre, il y avait 3 grandes cases à ceréales en maçonnerie. Dans le temps on y mettait le blé, l’avoine, la paumelle pour les volailles et le bétail. Ce qui attirait un bon nombre de souris qui faisaient la nuit des sarabandes effrénées au-dessus des plafonds des chambres. Avec Françoise Allard et Renée, quand nous étions fillettes, nous allions nous amuser là-haut secrètement: nous nous juchions sur le mur de l’une de ces cases. Nous avions pris comme cri de ralliement “Le roi - est parti – pour où? – à Cahors” et nous le crions séparement en roulant les rrr ou en imitant le cri des grenouilles ou bien nous le crions toutes les trois à la fois; cela faisait un ensemble assez réussi ! Une fois, Françoise eut l’audace de chipper les croquettes de pommes de terre pendant le repas, de les camoufler dans ses poches. Nous nous étions patagé le butin “à Cahors”, toutes contentes de ce coup d’éclat. (Je ne crois pas que ce soit là une nourriture indiquée pour les grenouilles, mais les croquettes étaient froides et graisseuses et n’étaient pas particulièrement savoureuses, mais elles avaient le goût du fruit défendu.

En hiver Mémé nous passait la grande bassinoire dans nos lits. C’est une grande casserole pleine de braises dont la chaleur chassait l’humidité des gros draps rugueux d’autrefois. Mémé nous donnait aussi une brique toute chaude qu’elle sortait de sous le foyer. Le moine avec sa carcasse de bois et sa casserolette de braises était réservé au lit des parents. 
Au début dans le vieux mas, on s’éclairait avec des lampes à pétrole; la plus grosse pour la salle à manger et les petites lampes  “pigeons” avec des verres ronds pour les chambres; il y avait aussi des bougeoirs. Chacun gagne son lit avec son éclairage. Quand on a installé l’électricité, quelle merveille ! mais hélas il y a souvent des panes et Mémé par précaution met toujours un bougeoir avec sa bougie et la boîte d’allumettes dans chaque chambre. 

 (à suivre) 

Le manuscrit du récit des  souvenirs de Suzy sur sa grand mère Élise se poursuit. Seule cette première partie est mise en caractères d'imprimerie.

 

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14 mai 2018

Travaux bénévoles et Jeux divers

Lors des vacances de printemps une partie de la jeune génération s'est retrouvée à Fontcouverte

La pétanque servait à la détente des travailleurs bénévoles... 

P1120049 On reconnait Arnaud, Antoine de dos, Anne-Marie, Béatrice, Claire et Rosalie. Qui tient le cochonnet ?

Et même la nuit: 

P1120047  Jaana, Anne-Marie, Rosalie, Antoine, Oscar.

Le nettoyage du bassin, qui eut autrefois un JET D'EAU et qui fut créé à la fin des années 20: 

P1120050 Chloé, Gaspard et Antoine à gauche; Rosalie, Hélène, Oscar et la pompe à droite.

La récupération des poissons et batraciens: 

bassin-rond  Chloé, Gaspard et Antoine avec l'épuisette. Rosalie, Oscar et Hélène avec les seaux. 

La nouvelle jambe de la balançoire remplacée par Lionel et David

P1120056 Rosalie portant Gaspard, Oscar poussant Chloé sur l'escarpolette.

A nouveau la pétanque :

P1120061 Antoine, Jaana, Rosalie, Chloé, Oscar, Gaspard. 

Impression soleil couchant, éclairant le faîte des platanes

P1120062 Chloé, Oscar, Jaana avec le ballon, Gaspard assis.

P1120065  Le ballon, Rosalie, Sylvie, Gaspard, Jaana.

Grattage avant ponçage et repeinture: 

P1120054 Rosalie à l'oeuvre.

La rénovation du puits n°4, travaux bénévoles.

Puits-n°4-avril-2018 2 Les pierres de l'arrière du puits sont bien scellées à l'ancienne;  en revanche sur les côtés, elles doivent être refixées.          

P1120075 2 De même sur la partie supérieure où on voit bien que le mortier s'est dégradé sous l'effet de la pluie et a laissé place à de l'humus. Des joints au mortier en perspective !!!    

Ces quelques photographies sont très insuffisantes pour représenter tous les travailleurs et joueurs. Pour compléter la page ceux qui auraient d'autres clichés peuvent les envoyer à Michel qui les publiera. Il manque notamment Thomas et Jules qui ont joué avec Rosalie et Oscar.

    

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